1. Qu'est-ce qu'une thrombose veineuse profonde ?
2. Comment se produit-elle ?
3. Quelles sont les situations qui favorisent ce phénomène ?
4. Est-ce toujours grave ?
5. Comment est-on sûr du diagnostic ?
6. Comment se traite une thrombose veineuse ?
7. Existe-t-il un traitement préventif ?
1. Qu'est-ce qu'une thrombose veineuse profonde ?
C'est l'obstruction d'une veine profonde par un caillot de sang ou thrombus. Sa formation n'est pas le fait du hasard mais la conséquence d'un des 3 phénomènes suivants :
• une altération de la paroi veineuse,
• une stagnation du sang dans les vaisseaux (ou stase veineuse),
• une anomalie du système de coagulation de l'organisme.
2. Comment se produit-elle ?
Le plus souvent, le caillot se forme à un endroit déjà lésé de la paroi veineuse. Cette formation est favorisée par une situation (voir ci-dessous) expliquant que le sang s'écoule plus lentement ou n'est plus assez fluide.
Si le caillot reste sur place et obstrue la veine, il s'agit d'une phlébite (ou thrombose veineuse). Le plus souvent, cette phlébite survient dans une veine profonde du membre inférieur.
Le mollet rougit, gonfle, devient dur et douloureux, à la palpation et à la marche. Ces signes s'accompagnent parfois d'une petite fièvre et d'une accélération de la fréquence cardiaque.
Parfois, le caillot se détache de la paroi de la veine et « voyage » dans le système vasculaire, aboutissant finalement dans l'artère pulmonaire, bouchant celle-ci ou l'une de ses branches. C'est l'embolie pulmonaire. Signes évocateurs : douleur dans la poitrine de type point de côté, sensation de manque d'air, toux (avec crachats sanguinolents), fièvre, tachycardie....
3. Quelles sont les situations qui favorisent ce phénomène ?
Toutes les situations qui expliquent que le sang s'écoule plus lentement ou n'est plus assez fluide :
• le vieillissement du système vasculaire lié à l'âge,
• des antécédents familiaux ou personnels de thrombose,
• la grossesse et l'accouchement,
• l'obésité,
• une insuffisance veineuse chronique,
• un dysfonctionnement du système de coagulation naturel (ou anomalie de l'hémostase),
• certaines maladies (cancers, insuffisance cardiaque et respiratoire, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, troubles du rythme cardiaques, etc.),
• une immobilisation prolongée (long voyage en avion ou en car, alitement consécutif à une opération, port d'un plâtre interdisant de marcher, etc.),
• les traitements hormonaux, dont la pilule contraceptive.
4. Est-ce toujours grave ?
Oui, c'est une urgence. Il faut réagir sans tarder sous peine de complications graves. Une phlébite sur 2 se complique d'embolie pulmonaire ; or, cette dernière est potentiellement mortelle, susceptible de provoquer dysfonctionnement cardiaque, arrêt cardiaque et décès.
5. Comment est-on sûr du diagnostic ?
Des symptômes et des circonstances qui peuvent faire penser à une phlébite doivent être confirmés par un examen que l'on appelle échographie-doppler veineux. Cet examen simple, rapide et indolore permet de visualiser l'ensemble des veines et de localiser le caillot.
En cas de suspicion d'embolie, 2 examens doivent être réalisés en urgence en milieu hospitalier : une scintigraphie pulmonaire et un angio-scanner. Ces 2 examens sont indolores et permettent d'affirmer le diagnostic dans la plupart des cas.
6. Comment se traite une thrombose veineuse ?
Le traitement de la phlébite est une urgence du fait du risque d'embolie pulmonaire. Cependant, il est réalisable en ambulatoire, sans hospitalisation, sous réserve d'un suivi médical et biologique très régulier. Il associe :
• anticoagulants (médicaments fluidifiant le sang), administrés d'abord par voie sous-cutanée puis en comprimés,
• contention veineuse par des bas ou des collants.
Selon la gravité de la phlébite, le traitement peut durer de 6 semaines à 6 mois.
L'embolie pulmonaire se traite aussi par anticoagulants et contention. Néanmoins, la gravité potentielle contre-indique le retour immédiat au domicile et impose une surveillance en milieu hospitalier les 1ers jours, parfois réanimation avec mise sous oxygène.
En cas d'embolie récente très grave, d'autres médicaments sont utilisés : les fibrinolytiques.
Le traitement anticoagulant doit être suivi entre 3 à 6 mois, voire à vie s'il existe une cause favorisante persistante (comme une anomalie de l'hémostase).
7. Existe-t-il un traitement préventif des phlébites ?
Oui, il en existe de 2 sortes :
la prise de médicaments anticoagulants :
• sur une courte durée en cas d'alitement ou d'immobilisation transitoire (maladie, intervention chirurgicale, plâtre),
• à vie en cas d'anomalie de la coagulation ou de maladie cardiaque.
le port de bas de contention :
• lors de certaines circonstances (voyage en avion par exemple) en cas de terrain prédisposé,
• à vie, en cas d'antécédents favorisants importants.
Enfin, attention au syndrome de la classe économique : lors d'un long voyage en avion, en cas d'insuffisance veineuse même légère, il est conseillé de porter des bas de contention, de se lever et de marcher dans les allées toutes les 2 heures pour se dégourdir les jambes, de boire beaucoup d'eau et d'éviter l'alcool